MEDEF Actu-Eco de la semaine du 5 au 9 mars 2012

FRANCE

1.Crédits nouveaux au secteur privé en janvier 2012 : réduction pour les ménages, augmentation pour les entreprises

2.Prix des appartements anciens au 4ème trimestre 2011 : nouveau ralentissement après celui de l’été

3.Déficit commercial en janvier 2012 : -69 milliards en cumul sur douze mois, soit 15 milliards de plus qu’un an plus tôt

4.Exportations de biens et services en 2011 : les exportations suivent la demande mondiale pour la première fois depuis 2001

5.Situation des bénéficiaires du RSA sur le marché du travail fin 2010

INTERNATIONAL

6.Climat des affaires aux Etats-Unis en février 2012 : ralentissement dans l’industrie, poursuite du redressement dans les autres secteurs

7.Tendances récentes des marchés

En cumul sur un an, les crédits nouveaux au secteur privé* poursuivent leur effritement, entamé au printemps 2011. Ils étaient, en janvier 2012, inférieurs de 3,2% à leur niveau de janvier 2011. Cette contraction recouvre une baisse des crédits aux ménages et une légère hausse des crédits aux sociétés non financières ou les ménages.

*Ménages et sociétés non financières

Les crédits aux ménages se réduisent depuis avril 2011. En glissement sur douze mois, ils ont baissé de -11,2% par rapport à leur niveau de janvier 2011. Cette baisse est essentiellement imputable aux crédits à l’habitat (-13,9%, contre -2,4% pour les crédits à la consommation). Ce recul tient à plusieurs facteurs qui, naturellement, ont pesé sur les projets d’investissement des ménages :

  • la hausse des taux d’intérêt ;
  • mais surtout le durcissement des conditions d’accès au crédit ;
  • et le rabotage / la suppression de dispositifs incitatifs aux dépenses dans le logement (prêt à taux zéro,  dispositif Scellier, régime fiscal moins favorable  des plus-values immobilières).

En glissement sur douze mois, les crédits aux sociétés non financières se sont stabilisés à un niveau supérieur de 4,1% à celui enregistré un an plus tôt. Cette évolution ne doit pas masquer un effritement continu depuis l’été 2010 des crédits à plus d’un an,  largement destinés à l’investissement. C’est le résultat d’une moindre demande, elle-même sans doute imputable pour une part, au second semestre 2011, à des conditions d’accès au crédit plus difficiles. C’est ce qu’atteste l’enquête AFTE / Coe-Rexecode de février 2012 auprès des grandes entreprises, qu’il s’agisse des marges sur les crédits bancaires ou de la recherche de financement.


La hausse des prix des appartements anciens en France a poursuivi son ralentissement au 4ème trimestre 2011 : +0,3% après +1,1% au 3ème trimestre. L’écart de hausse des prix entre Paris et la province demeure, mais il s’est considérablement réduit (respectivement +0,8% et +0,5%).

Sur un an, la hausse atteint +6,7% pour l’ensemble de la France, progression qui recouvre une hausse de +14,7% des prix des appartements anciens à Paris, 5 fois plus rapide que celle enregistrée en province (+2,9%).

Sur plus longue période, les prix des appartements anciens ont été multipliés par 2,6 entre 2000 et 2011 pour l’ensemble de la France : multiplication par 3 à Paris (+38% entre le 2ème trimestre 2009 et le 4ème trimestre 2011), multiplication par 2,4 en province.


Le déficit commercial FAB-FAB s’est légèrement creusé en janvier 2012, passant de -5,1 milliards d’euros en décembre à -5,3 milliards d’euros, du fait d’une croissance des exportations de marchandises (+1,5%) plus limitée que celle des importations (+2%). Après leur envolée en fin d’année, les livraisons aéronautiques se sont légèrement repliées.

En moyenne mobile sur trois mois (novembre – décembre – janvier), les exportations se sont accrues de +1% par rapport aux trois mois précédents. En revanche, les importations se sont contractées de -0,9%. D’où une balance commerciale un peu moins négative.

En glissement sur douze mois, le déficit commercial FAB-FAB a été de -69,3 milliards d’euros en janvier 2012, contre -54,5 milliards d’euros un an plus tôt. En données CAF-FAB*, il a été de -86,6 milliards d’euros, contre -71,1 milliards un an plus tôt. Ce creusement de 15,5 milliards d’euros s’explique :

*Importations CAF (Coût, Assurance, Fret) : les importations en France sont valorisées avec les coûts d’acheminement (transport et assurance) jusqu’à la frontière française. C’est la définition retenue par les Douanes pour suivre le détail des importations au plan géographique et sectoriel.

  • au plan sectoriel, pour l’essentiel, par la dégradation des échanges de produits énergétiques (facture pétrolière) ;
  • au plan géographique, à hauteur de 37% par la dégradation de nos échanges avec l’Union européenne, et de 25% par la réduction de notre excédent avec les pays du Proche et Moyen-Orient. En revanche, notre déficit avec l’Asie est resté quasiment stable et représente 78% de notre déficit avec l’Union européenne (90% un an plus tôt).


Pour la première fois depuis 2001, les exportations françaises de biens et
services ont progressé au même rythme que la demande mondiale adressée à la
France
* (respectivement +5% et +4,8% en volume). Et ceci avec un change de l’euro plus pénalisant pour les entreprises qu’alors (1,39 dollar en moyenne 2011, 0,9 dollar en 2001). Cette bonne nouvelle reste à confirmer avant que l’on puisse y voir une stabilisation de la compétitivité des entreprises françaises à l’exportation.

*Potentiel d’exportation française compte tenu de l’évolution attendue des importations des pays clients, et de la part de la France dans ces dernières

Entre 2000 et 2011, les exportations françaises de biens et services auront
augmenté de +18,5%, c’est-à-dire 3 fois moins vite que la demande mondiale
adressée à la France (+56,2%).
Cet écart de croissance correspond, en termes d’activité, à environ 8 points de PIB, soit un manque à gagner de 0,7% de croissance chaque année au cours de la période. La croissance moyenne du PIB entre 2000 et 2011 a été de +1,2% par an.


La Dares vient de publier les résultats d’une enquête quantitative  auprès des foyers à faibles revenus, conduite fin 2010-début 2011 pour décrire la situation des bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) sur le marché du travail

Quelques données chiffrées

  • 2,2 millions de personnes vivaient fin 2010 dans un foyer bénéficiaire du RSA, dont 1,6 million (73%) au titre du « RSA socle »  et 0,6 million (27%) au titre du « RSA activité seul »*.
  • 800 000 bénéficiaires en emploi (36%), dont 86% en emploi salarié (proportion équivalente à celle de l’ensemble des actifs en emploi), dont 11% en contrat aidé (près des 2/3 travaillant pour l’Etat ou les collectivités locales).
  • 57% des bénéficiaires en emploi salarié sont en CDI, et 53% sont à temps partiel (17% pour l’ensemble des salariés en emploi).
  • 95% des bénéficiaires en emploi salarié sont des ouvriers ou des employés, dont notamment : 24% dans le secteur des services aux particuliers (10% de l’emploi total en France), 23% dans les administrations, 14% dans les commerces ;
  • 61% des bénéficiaires du RSA n’ont eu aucune transition sur le marché du travail entre juin 2009 (entrée en vigueur du RSA) et février 2011 : 75% des bénéficiaires en emploi l’étaient déjà, 77% des bénéficiaires au chômage l’étaient déjà, 88% des bénéficiaires inactifs l’étaient déjà.
  • Parmi les freins au retour à l’emploi, le transport (absence de moyens de transport et coût du transport) est un obstacle pour 44% des bénéficiaires sans emploi, et les problèmes de santé  pour 34%.
  • Montant du RSA pour un célibataire sans emploi et sans enfant à charge : 475 euros.

*Définition de la Dares : Le « RSA socle » correspond aux anciens RMI et API (Allocations Parent isolé). Le « RSA socle et activité » correspond à la dépense nouvelle, quand il y a des revenus d’activité, et que l’ensemble des ressources du foyer ne dépassent pas le montant forfaitaire. Le RSA socle évoqué dans le texte se réfère à ces deux catégories. Le « RSA activité » seul correspond à la dépense nouvelle, quand il y a des revenus d’activité, et que l’ensemble des ressources du foyer dépassent le montant forfaitaire.

Impact du RSA sur le retour à l’emploi

Une mesure rigoureuse  de l’impact du RSA sur le retour à l’emploi, l’un des objectifs du RSA, est particulièrement complexe. Toutefois, à partir de deux méthodologies, chacune aux résultats partiels, il ressort deux conclusions :

  • Il n’y a pas d’impact « notable » et généralisé du RSA sur les taux de retour à l’emploi  des bénéficiaires en  2009-2010, même si des résultats ponctuels ne permettent pas d’exclure un impact positif du passage du RMI/API au RSA sur certains groupes de bénéficiaires. Trois raisons peuvent être invoquées, qui laissent penser que les effets du RSA sur les trajectoires professionnelles seront plus importants à l’avenir :
    •  la mauvaise situation du marché du travail depuis la mise en place du RSA ;
    •  le délai nécessaire à la montée en charge du RSA pour qu’il produise tous ses effets ;
    •  la méconnaissance par les bénéficiaires des conditions du recours au RSA et de son mode de calcul.
  • Les effets non souhaités du RSA que certains redoutaient n’ont pas été confirmés. Il y avait deux types de craintes :
    •  le développement du temps partiel, avec un RSA activité ayant pour effet d’accroître le revenu des salariés à temps partiel et de réduire dans certains cas la perte financière associée au passage d’un emploi à temps complet à un emploi à temps partiel ;
    •  l’utilisation « stratégique » du RSA par les employeurs pour limiter la progression des salaires des bénéficiaires (le RSA venant apporter un complément de rémunération) ou imposer des emplois à temps partiel. En réalité, il est apparu que les employeurs étaient peu ou mal informés sur le RSA, et ne considèrent pas les bénéficiaires du RSA comme un vivier potentiel de main d’œuvre pour des emplois à bas salaire ou à temps partiel.

D’après l’enquête de février 2012 auprès des directeurs d’achat,  l’indice synthétique ISM aux Etats-Unis a baissé  dans le secteur manufacturier tout en restant dans la zone d’expansion pour le 31ème mois consécutif et supérieur à sa moyenne de longue période. Cette baisse de l’indice synthétique en février concerne à la fois les carnets de commandes et les perspectives de production.

A contrario,  l’indice synthétique dans le secteur non manufacturier poursuit sa hausse. Il est à son plus haut niveau depuis février 2011. Sa remontée recouvre une hausse des carnets de commandes mais un ralentissement de la composante « emploi ».

L’évolution de ces indices synthétiques, toujours supérieurs à 50, confirment l’orientation toujours positive de l’activité et des perspectives pour les prochains mois. La croissance américaine devrait donc se poursuivre.


Le taux grec reste proche de la barre de 36%.


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