Sandrine Fleury

Sandrine FLEURY,
Présidente du MEDEF Touraine

Soirée remise annuaire MEDEF Touraine 2018 du 6 décembre 2017

 

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs, chers adhérents, chers amis, bonsoir et bienvenue,

 

Je vous remercie pour votre présence très nombreuse de ce soir à laquelle je suis sensible et qui marque votre attachement à notre Medef Touraine.

Je suis donc très heureuse de vous accueillir et de vous retrouver pour notre traditionnelle soirée annuelle de « remise de l’annuaire ». Pour les amoureux et nostalgiques du papier, je vous encourage vivement à conserver cette édition qui deviendra « collector » dans quelques années.

Ce nouvel annuaire sera certainement la dernière édition papier.  Nous travaillerons en 2018 pour vous présenter un annuaire sous format numérique (par exemple une application). Notre communication doit être adaptée à notre époque.

Ce soir, je souhaite vous parler d’avenir et d’engagement :

 

Enfin !

2017 est l’année de reprise de l’activité économique de nos entreprises. Certes, elle n’est pas fulgurante et quelques secteurs connaissent encore des difficultés. Toutefois, la tendance générale est à la hausse. Le moral des chefs d’entreprises français est au plus haut depuis près de 10 ans (selon enquête de l’Insee).

Enfin !

Nous devrions donc nous réjouir de retrouver un contexte favorable à nos entreprises.  En effet, une reprise économique teintée d’optimisme pour l’avenir devraient permettre de faciliter les embauches et de faire le constat d’une baisse du nombre des demandeurs d’emplois.

 

Malheureusement, notre satisfaction trouve déjà ses limites avec le recrutement de forces vives. Presque 1 entreprise sur deux rencontre des difficultés à trouver les compétences dont elle a besoin. Certaines entreprises sont amenées à refuser des marchés, des commandes, faute de capacité à pouvoir les honorer.

Nous vivons depuis plusieurs mois un paradoxe  en Touraine et  en France : Nos entreprises souhaitent embaucher et n’y arrivent pas. Les chômeurs sont toujours aussi nombreux (près de 9% en Touraine). Le taux de chômage des jeunes dépasse les 20%.

Pourquoi assistons-nous à un tel gâchis ? Quel constat pouvons-nous faire ?

 

Les compétences et qualifications professionnelles des demandeurs d’emplois et des jeunes ne correspondent pas aux besoins des entreprises.

 

Que faire ?

Nous devons trouver ensemble des solutions permettant de remédier à l’inadéquation existant sur le marché du travail entre l’offre et la demande. Cela doit matcher !

Il est donc urgent et indispensable de réformer en profondeur l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance chômage.

 

Laissez-moi partager  avec vous ce soir le témoignage de Victor Simon, 24 ans :

« La transmission du savoir constitue pour moi un enjeu clé dans une société. Je trouve dommage qu’aujourd’hui on perde notre savoir et qu’à la sortie du collège on envoie en masse les jeunes vers nos universités pour en faire des « élites », et que les mots « redoublement » et « formation professionnelle » soient tabous dans les familles. Le seul résultat de tout cela, c’est une élite au rabais, dont une bonne partie sera dépourvue de passion ou de motivation dans ce qu’elle a appris, faute d’éléments d’appréciation par rapport à la vraie vie professionnelle.

Je dois mes compétences à l’apprentissage alternée dans lequel il a été très difficile, voire rude et presque impossible de rentrer. Les 250 candidatures envoyées dans des entreprises durant les mois précédant ma rentrée en BTS, pour décrocher un contrat d’alternance m’ont permis de recevoir 50 retours tous nuls ! Et cela malgré mon bac décroché avec la mention « très bien ». Je ne remercierai jamais assez M. Ramponi, une connaissance de mon père qui m’a pris en alternance une semaine avant la rentrée scolaire. Il m’a ouvert la porte de la réussite en me permettant une immersion hautement suivie et très formatrice. A partir de ce moment, j’ai pu apprendre et construire mon expérience professionnelle. Il m’a ouvert les portes d’un savoir que je n’aurais jamais connu à l’école et qui fait du Victor sorti de l’école un candidat déjà prêt à la vie professionnelle, prêt à la réalité du monde du travail avec de l’expérience, un excellent niveau, de la combativité et le don de soi. Il m’a été facile par la suite de trouver une entreprise pour obtenir un diplôme d’ingénieur en alternance également mais aussi de trouver sans difficulté du travail à la sortie de l’école.

Pour en revenir à la transmission du savoir, avec mes 5 années d’alternance mais aussi les expériences qui ont suivi, je suis outré qu’il n’existe pas plus de facilités pour les entreprises de rencontrer et d’encadrer les apprentis.

Cela permettrait de pérenniser le savoir d’une entreprise, de conserver les savoir-faire et, à travers la fraicheur des candidats, d’accélérer les transformations importantes pour tant d’entreprises sur les marchés européen et mondial ».

 

Ce témoignage résume à lui seul beaucoup de constats :

 

  1. La survalorisation des filières longues dans des domaines parfois peu demandés et la sous valorisation des filières professionnelles qui conduisent pourtant à des emplois et à des compétences reconnues est une véritable faiblesse du système français.

La formation en alternance  doit être reconnue comme une filière d’excellence et non pas comme une voie de garage proposée souvent pour les jeunes en échec scolaire.

  1. Les professionnels sont peu ou mal associés à l’élaboration des diplômes.

 

  1. Les formations et les contenus des formations ne correspondent pas toujours aux besoins des entreprises.

 

  1. Les contraintes du rythme scolaire sur l’organisation de la formation en entreprise est inadapté à la demande des entreprises et des jeunes ; cela peut conduire les entreprises à renoncer à des offres d’apprentissage et des jeunes, en rupture de contrat, à perdre une année entière.
  2. Ouvrir une nouvelle section ou arrêter le contenu d’une formation demande beaucoup trop de temps.

 

Notre ministre du travail Mme Pénicaud souhaite faire une révolution copernicienne en faisant sauter les nombreux verrous.

Les entreprises et les jeunes ne doivent plus tourner autour du système mais, à l’inverse, c’est le système lui-même qui doit se mettre à tourner autour des entreprises et des jeunes.

 

Les querelles politiques auxquelles nous assistons à l’heure actuelle, sur ces thèmes de formation par alternance,  sont affligeantes voire désespérantes. Croyez-vous que les 20% de jeunes chômeurs portent un intérêt majeur à savoir qui doit piloter l’apprentissage  (Etat -Région) ? Non, leur intérêt est de trouver un travail au sein d’une entreprise.

L’apprentissage en France est peu efficient eu égard à certains pays européens présentant un taux de chômage des jeunes souvent deux fois plus faible qu’en France.

 

Je souhaite mettre à l’honneur nos jeunes, ce soir, qui sont l’AVENIR de nos entreprises et de notre société  de demain. Près de 7 jeunes sur dix ont aujourd’hui une vision positive de l’entreprise. Ne les décourageons pas !

 

Nous devons nous engager auprès d’eux. Nous devons les accompagner, les éduquer et les former afin que demain ils puissent naturellement trouver un travail, s’épanouir dans   l’entreprise et trouver leur place dans la Société. L’apprentissage et la formation doivent être enfin véritablement réformés en France. Notre MEDEF s’y attèle tout particulièrement et je pense que notre invité de ce soir, Michel GUILBAUD, nous en parlera tout à l’heure.

 

Nous devons donner la priorité à la prise en compte des besoins du monde professionnel, des entreprises  et des jeunes tout en travaillant de concert avec les différents partenaires du monde éducatif et politique.

 

Nous devons davantage mettre à l’honneur nos jeunes qui réussissent. L’équipe de France des métiers qui excelle dans beaucoup de domaines n’est certainement pas assez reconnue et soutenue par l’ensemble des Français.

A quand l’ouverture du JT mettant en avant la compétition Worldskills (Olympiades des métiers) ?

J’en profite  pour saluer l’excellence tourangelle  et française des métiers se traduisant  par douze médailles (dont 5 d’or) lors de la dernière édition 2017. Permettez-moi de mettre à l’honneur nos jeunes tourangeaux :

Jérémy Kootz, champion du monde des jeunes imprimeurs, tourangeau issu du Lycée Albert Bayet de Tours

Florian Servant, prix d’excellence dans le concours des carreleurs, issu du CFA du bâtiment de SPDC.

A la fin de mon intervention, je partagerai avec vous deux vidéos relatives à la dernière édition des Wolrdskills à travers lesquelles vous pourrez mesurer l’excellence des jeunes apprentis français.

 

La réussite des nouvelles générations permettra de construire notre avenir.

 

Mes propos tenus sur la formation et l’apprentissage des jeunes peuvent malheureusement se dupliquer sur la formation professionnelle des salariés et des demandeurs d’emplois.

Il est urgent de former les chômeurs aux compétences reconnues et utiles pour nos entreprises. Il faut en cela privilégier la qualité des formations proposées aux demandeurs d’emplois sur la quantité.

 

Protéger les plus vulnérables contre le manque ou l’obsolescence rapide des compétences, relève avant tout des pouvoirs publics qui ont en charge la formation professionnelle des demandeurs d’emplois. Il est indispensable d’identifier à nouveau les besoins en compétences des entreprises, de flécher les formations sur ces besoins.

Notre système de formation, abscons et protéiforme, n’est pas adapté, aux mutations rapides et profondes que connaissent nos entreprises. En outre, il ne semble pas répondre aux inégalités de droit et d’accès entre salariés qualifiés et non qualifiés, entre salariés des TPE/ PME et salariés de grandes entreprises.

 

L’avenir de la France et celui des Français sont étroitement liés : plus notre système de formation sera performant, plus il créera les conditions donnant à chacun la liberté de saisir les opportunités.

Plus la France sera compétitive, plus elle offrira de possibilités à tous de construire et développer un projet professionnel personnel.

 

Les entreprises et le Medef sont prêts à s’engager afin de participer non pas à la transformation de la formation mais à sa révolution.

 

L’engagement se traduit au quotidien à tous les niveaux : national, régional et départemental.

Le Medef fait entendre la voix et les besoins des entreprises. Il vous représente, porte vos valeurs vous accompagne et est à votre service !

 

La voix de l’entreprise c’est également et surtout celle portée  par nos mandataires que je souhaite aussi mettre à l’honneur ce soir. La multiplicité des réunions que nous avons mises en place cette année, ne nous a pas permis, comme à l’accoutumée, de faire une réunion spécifique à cet égard. Par ailleurs, notre Medef Centre Val de Loire, dont je salue au passage son Président, Claude PARIS, organise le 14 décembre prochain une rencontre de l’ensemble des mandataires de la région.

 

Par notre adhésion et notre cotisation, nous sommes déjà tous sur la première marche de l’engagement et c’est indispensable à la vie de notre Mouvement.

 

Les mandataires sont aussi des dirigeants d’entreprises adhérentes, en activité ou en retraite, qui donnent bénévolement de leur temps pour porter les valeurs et la voix de l’Entreprise partout où cela est nécessaire. Ils parlent et agissent au nom du MEDEF et non pas en leur nom propre. Ils sont les « Missi Dominici ou les JEDI (en fonction de vos références culturelles)  de notre doctrine patronale sur les multiples sujets pour lesquels l’Entreprise est partie prenante.

 

Ils sont le fer de lance de notre activité associative. S’il constitue le premier réseau de France, le MEDEF n’est pas un club d’entrepreneurs qui se rencontrent pour faire du business, même si cela peut-être accessoirement le cas.

Ce qui fait la force et la légitimité du MEDEF, c’est sa représentativité désormais consacrée par la Loi.

 

Elle nous permet d’obtenir des sièges patronaux en majorité, dans toutes les instances, paritaires ou non, permettant de faire peser notre influence pour tenter d’obtenir gain de cause ou, à tout le moins, atténuer ce qui est défavorable à l’Entreprise. C’est cela notre rôle majeur même si nous en avons bien d’autres.

 

C’est pourquoi je tiens à saluer tout particulièrement ces femmes et ces hommes qui, entrepreneurs comme vous, s’engagent pour le compte de la collectivité entrepreneuriale de Touraine sans ménager leurs efforts ni leur temps. Je ne peux pas tous les citer mais leur nom s’inscrit sur l’écran derrière moi.

 

Fin 2016 et toute l’année 2017, nous avons dû procéder à de très nombreuses désignations ou élections. Cela a débuté avec la Chambre de Commerce, puis le Tribunal de Commerce, les Conseillers prud’hommes dont nous attendons l’arrêté de nomination ce mois-ci, puis l’ensemble des mandats de sécurité sociale (Carsat, Urssaf, Caf, Cpam…).

 

Je voudrais ici remercier très sincèrement toutes celles et tous ceux qui se sont portés volontaires pour prendre ou renouveler ces mandats. Militants, ils œuvrent pour nous, souvent dans l’ombre, de manière besogneuse et parfois ingrate mais permettent de faire avancer la cause de l’Entreprise ou du moins de la stabiliser.

 

Enfin, en votre nom à tous, je porterai une mention particuliere à nos représentants conseillers prud’hommes sortants. Elus en 2008 pour 5 ans, leur mandat a été reconduit une première fois par la loi pour 2 ans et une seconde fois en 2015 pour 2 nouvelles années. Ils auront pratiquement fait 2 mandats en un !

Permettez-moi ce parallèle avec la course à pied vous avez été nos mandataires marathoniens.

Aussi, pour eux et tous leurs autres collègues mandataires je demande que nous prenions le temps de les  applaudir généreusement.

 

Merci pour eux et pour votre écoute. Alors, tous ensemble, agissons et engageons-nous pour l’avenir de nos entreprises, de nos salariés, de nos jeunes et de notre Société !

 

Avant de vous présenter notre invité, et comme prévu, je vous propose de partager avec vous les deux vidéos des Wolrdskills.